Fin d'année scolaire, nouvelle équipe aux commandes de l'Etat… voilà qui invite aux bilans.
Revenons donc quelques mois en arrière.
La rentrée 2006 s’annonçait difficile… et elle le fut !
Des pressions accrues sur l’emploi et lesconditions de travail ont constitué autant d’entraves au travail de ceux qui font, au quotidien, le service public d’éducation.
Cette stratégie, qui utilise l’emploi pour réduire les dépenses publiques, sert deprétexte au non-remplacement de tousles départs en retraite. Elle a pesé lourdement sur les recrutements d’enseignantset renforcé laprécarité en développant des emplois demoins en moinsrémunérés, aux durées de plus en plus limitées.
Tout en organisant la baisse du nombrede postes de titulairesremplaçants, G. de Robien a rendu obligatoire dans les collèges et les lycéesle remplacement des enseignants absents, y compris hors de leur disciplined’enseignement ! Nous avons invité les personnels à refuser collectivement ce dispositif dont l’incohérence pédagogique n’a échappé à personne.
En attribuant une journée hebdomadairede décharge aux directeurs de quatre classes, le ministre a prétendu répondre à leur revendication de disposer du temps nécessaire pour exercerleurs fonctions. Ce fut au détriment du temps de formation des stagiaires qui ont à assurer ces remplacements. Nous avons dû également faire face à une avalanche de dispositions dont aucune n’est neutre pour l’avenir éducatifdes jeunes. Inventaire non exhaustif : Une "Ambition réussite" structurée à partir des redéploiements de postes, et qui conduit à l’éclatement de l’éducation prioritaire. Programmes Personnalisés de Réussite Educative (PPRE), note de vie scolaire, Découverte Professionnelle 6 heures, conseil pédagogique… Sans oublier, en apothéose, l’apprentissage junior instauré fin 2005. Le tout corseté par un socle commun aux contenus étriqués, qui ne permettra pas à chaque jeune de maîtriser son orientation et son parcours scolaire.
La recherche d’économies, lisible entre les lignes d’audits multipliés à l’envi…
Lecture, grammaire,calcul… le Ministre a été de tous les combats d’arrière-garde !
Ce traitement infligé à l’Education a conduit l’interfédérale, avec les parents d’élèves et les organisations de jeunes, à organiser une premièregrève le 28 septembre.
Faute de réponse à nos revendications, auxquelles se greffait aussi notre exigence de revalorisation du pouvoir  d’achat, de nombreuses mobilisations ont émaillé l’année scolaire, rebondissant avec une force particulière lorsque le ministre a voulu modifier le servicedes enseignants du second degré. L’angle d’attaque était nouveau, mais pas inattendu ! .../...
Le nouveau ministre nous a annoncé des précisions et des décisions pour les prochains jours (décharges, apprentissage junior, réemploides EVS…). Il évoque des arbitrages budgétaires à venir et l’ouverture de négociations (métier d’enseignant, enseignement professionnel).
D’importantes zones d’ombre demeurent à propos de l’emploi, de la carte scolaire. La transformation des écoles en EPEP est confirmée. Nous ne ferons pas qu’attendre ! Ce qui sera déterminant pour être entendus, c’est la façon dont les personnels s’engageront.
Il y a eu une vie avant l'élection présidentielle.
Nous ferons en sorte qu'il y en ait une aussi après !!
Denis Baudequin
8 juin 2007