« Les profs décrocheurs ? ». Arrêtons le prof bashing !

 

« École au ralenti, où sont les profs ? », «Les enseignants ont-ils repris le chemin de l’École ? », «Abandon de poste »… Voilà, depuis plusieurs semaines, le genre de propos très largement répandus dans les médias par les éditorialistes ou même certains personnels politiques. Les chroniques évoquant la situation à l’École présentent, sans modération ni distinction, les enseignant·es comme des personnels irresponsables, et parlent même de « profs décrocheurs ».

 

Consignes sexistes au collège d'Aulnay-sous-bois

 

La CGT Éduc’action est révoltée par les consignes sexistes données aux professeur·es du collège Victor Hugo d’Aulnay-sous-bois par leur chef d’établissement : «il nous est demandé d’accueillir en priorité les garçons  décrocheurs de 3e, puis les garçons décrocheurs de 4e, ensuite les filles décrocheuses de 3e et enfin les filles décrocheuses de 4e. » La CGT Éduc’action est satisfaite que la pression exercée par les enseignant·es ait obtenu l’annulation de ces injonctions. Le collège accueillera les élèves en fonction de leurs besoins scolaires et non de leur genre.

 

1 milliard d’euros pour l’apprentissage.

Pour les Lycées Professionnels : rien !

 

En recevant les organisations syndicales, le jeudi 4 juin, Emmanuel Macron a annoncé débloquer plus d’un milliard d’euros pour l’apprentissage. En plus des importantes aides déjà existantes de l’État et des Régions, ce seraient 5000 euros supplémentaires pour une entreprise qui engage un mineur. Cette aide serait sans condition pour les entreprises de moins de 250 salarié·es, et avec obligation pour les autres d’atteindre 5% d’alternant·es dans leurs effectifs à l’échéance de la mesure. Les entreprises de moins de 250 salarié·es recevaient déjà 4125 € par embauche. Selon l’entourage de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud avec cette mesure, un·e apprenti·e de moins de 20 ans ne coûtera rien à l’employeur.

 

Direction d’école : une proposition de loi et

une démarche ministérielle inacceptables.

 

Alors que la priorité quotidienne des directeur·trices d’école est actuellement d’assurer le bon fonctionnement des écoles pour un retour des élèves et des personnels dans des conditions sécurisées, la députée LREM Cécile Rilhac avance une nouvelle proposition de loi modifiant la fonction de direction d'école. Cette proposition vise à donner autorité aux directeur·trices dans l’école sans changer leur statut (toujours professeur·es des écoles), en contrepartie de décharges horaires et d’une légère hausse de l’indemnité de direction. Les personnels assurant ces missions seraient alors recrutés et formés pour exercer sur des postes à profil et agiraient directement sous autorité académique. La CGT Éduc’action dénonce ce qui serait un grand pas vers un statut de direction.

 

Calendrier et modalités des concours :

le ministère a enfin fait ses choix !

 

Le ministère de l’Éducation nationale rend enfin public ses arbitrages dans le cadre des concours de recrutement des personnels d’enseignement et d’éducation. Sur ce sujet, comme sur d’autres, les choix ministériels ne sont pas à la hauteur de la situation.

Après avoir tergiversé pendant quelques semaines, le ministre a tranché : à l’image des candidat·es aux concours externe et 3ème concours, les candidat·es aux concours internes ne passeront pas d’épreuve d’admission. Pour toutes et tous les candidat.es, les épreuves d’admissibilité valent épreuves d’admission à l’exception de certains CAPET et de l’agrégation pour lesquels demeurent des épreuves orales aménagées.